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Actualités: Édition:29/04/© 2002
Danse Carpe Diem : Du coq à l'âne
François Dufort
Coïncidences, coïncidences! Alors que le Belge Alexander Baervoets présentait dans la salle de l'Agora une pièce improvisée suivie d'une autre, elle tout à fait codifié, au même moment un étage plus bas Carpe diem présentait Accélération, codifié, et M, en grande partie improvisé...
Présentées sur une scène à trois côtés, les récentes créations de Jouthe nous auront fait découvrir la versatilité de ce chorégraphe. En effet, Accélération en aura sûrement surpris plus d'un, et ce pour plusieurs raisons, déjà que ça déstabilise un brin de voir une pièce de Jouthe interprétée par d'autres danseurs que ceux de Carpe Diem! Kate Alton et Andrea Nan, d'Overall dance, dansaient ce duo superbement bien ficelé, synchrone à souhait et très technique. Ce qui m'a séduit dans cette oeuvre réside surtout dans l'ajout à la gestuelle habituelle de Jouthe d'une foule de petits détails très fin, très discret mais ô combien efficace! Accélération, pour un critique c'est de la dentelle. Cette pièce aurais aussi pu s'intituler les siamoises tant Jouthe a utilisé l'emboîtement pour la construire, une façon de faire amorcé avec sa précédente oeuvre présentée au même endroit l'an dernier, d'ailleurs une séquence complète de mouvement est issue de cette précédente oeuvre, un peu comme à une époque d'une pièce à l'autre Carpe diem utilisait le mouvement du bassin vers l'avant... Les deux interprètes, quant à elles, auront livré cette oeuvre exigeante au niveau de la synchronicité avec brio, la chose faisait plaisir à voir. Une chose est certaine, Accélération révèle chez Jouthe une belle évolution du phrasé chorégraphique.
En seconde partie, M, la première pièce d'une étude intitulée de la Pudeur, était littéralement un coq à l'âne comparativement à la proposition précédente. À un point tel qu'on aurait pu croire que deux chorégraphes différents avaient créé ces pièces. M, qu'on pourrait qualifier d'impro structuré laissait voir de nombreux contacts, contacts qui étaient au centre du propos de Jouthe, ceux-ci étaient fuis, refusés, acceptés, dans un chassé croisés entre les deux interprètes, Jouthe et David Pressault, deux danseurs dont les membres ont une grande portée. La pièce laisse aussi voir du beau travail au sol dont une très belle section ou Jouthe se dévêtis et se pose sur le corps de Pressault étendu sur le sol, visuellement la chose plaît à l'oeil. Il y a aussi des dialogues dans M, et ça aussi c'est inhabituel chez Jouthe, des dialogues qui permettent de constater que les interprètes disposent d'une grande liberté dans cette pièce, j'imagine qu'il fallait la voir à plusieurs reprises pour constater jusqu'à quel point s'étend cette liberté...
Du beau travail. Si vous désirez en savoir plus sur les intentions du chorégraphe vis à vis de M, cliquez ici pour lire le prépapier au sujet de cette pièce. En bref, ce spectacle nous a fait découvrir de beaux ajouts dans le phrasé de Jouthe ainsi que sa versatilité.